«Comme des tourbillons de poussière soulevés par le vent qui passe, les vivants tournent sur eux-mêmes, suspendus au grand souffle de la vie. Ils sont donc relativement stables, et contrefont même si bien l'immobilité que nous les traitons comme des choses plutôt que comme des progrès, oubliant que la permanence même de leur forme n'est que le dessin d'un mouvement. Parfois cependant se matérialise à nos yeux, dans une fugitive apparition, le souffle invisible qui les porte. Nous avons cette illumination soudaine devant certaines formes de l'amour maternel [qui] nous montre chaque génération penchée sur celle qui la suivra. Il nous laisse entrevoir que l'être vivant est surtout un lieu de passage, et que l'essentiel de la vie tient dans le mouvement qui la transmet.»

Henri Bergson



“Like whirlwinds of dust raised by a passing wind, living beings revolve around themselves, suspended in the great breath of life. They are therefore relatively stable, and imitate immobility so convincingly that we treat them as things rather than as processes, forgetting that the very permanence of their form is merely the outline of a movement.Sometimes, however, the invisible breath that carries them becomes perceptible to our eyes in a fleeting apparition. We experience this sudden illumination before certain forms of maternal love, which show us each generation bending over the one that will follow.It allows us to glimpse that the living being is above all a place of passage, and that the essence of life lies in the movement through which it is transmitted.”— Henri Bergson