Livre de tête 
Les têtes sont là 
Elles entrent dans la lumière ou elles sortent du noir 
Comme vivantes elles sont de terre ou de poussière 
Modelées à la hâte pour pallier la maladresse 
Elles se transforment à l’épreuve de la lumière 
Elles apparaissent avec une expression 
De la poussière à la vie un chemin à rebrousse poil qui ne fait que grandir 
Les têtes d’argile ne promettent rien 
Seul le mouvement de la prise de lumière peut les faire naître 
De la poussière un désir d’aura de vie à partager avec l’autre pour d’autres désirs et projets 
Un appel à devenir 
Les prises sont à l’aveugle comme pour prolonger le geste de la main
Le mouvement joue inlassablement avec la lumière 
Comme pour toucher la vie la main bouge autour de la matière pour la faire vibrer 
Toujours un sujet de distance de mesure de près de plus loin de combien?
D’emprise ou de lâcher 
Percevoir des veines des rides des plis 
Un sourire nerveux un œil inquiet des pensées sombres 
Hors cadre échappée belle non voulue
Et reprendre essayer encore à modeler à creuser presser lisser
Afin de faire apparaître un visage inconnu mais déjà là 
Le flou en art ne consiste ni à échapper à la réalité ni à la révéler mais à laisser plus de place aux émotions de la personne qui regarde à créer un véritable lien un échange égalitaire avec elle en un mot : une confidence

LD



Book of HeadsThe heads are there.They emerge into the light or out of darkness.As though alive, they are made of clay and dust.Hastily shaped, as if to overcome the clumsiness of the hand.They are transformed by their encounter with light.They emerge with an expression of their own.From dust to life, a journey against the natural order of things, forever unfolding.The clay heads promise nothing.Only the movement of the camera, capturing light, can bring them to life.From dust comes the desire for an aura, for a life to be shared with others, opening the way to new desires and possibilities.An invitation to become.The photographs are taken blindly, as though the camera were an extension of the hand.Movement plays endlessly with light.As if trying to touch life itself, the hand moves around the clay, setting it in motion.Always a question of distance, of finding the right measure.Closer, further away — but how far?Of control or surrender.To discover veins, wrinkles, folds.A nervous smile, a troubled eye, dark thoughts.A face escaping the frame, an unintended liberation.And to begin again, to keep trying.To shape, hollow out, press, smooth.Until an unknown face emerges, one that somehow was already there.Blur in art is neither an escape from reality nor a means of revealing it. Rather, it opens a space for the viewer’s own emotions, allowing a genuine connection to form, an exchange on equal terms.In a word: an intimate exchange.

LD